11/2008 552 p. 978-2-8251-3884-7
Le Fantasque appartient à ces journaux satiriques comme le Charivari, la Guêpe ou le Diable couleur de rose, si populaires au XIXème siècle. Contrairement à ces derniers, ils ne se voulait pas politique et critique, mais plutôt observateur ironique des moeurs de son époque, dont les travers sont encore bien souvent les nôtres. Les Chroniques du Fantasque ont conservé depuis lors une redoutable actualité. Certains sujets n'ont pas pris une ride en 150 ans, comme Le Grimpion, cet animal qui rampe verticalement, ou Les Dormeurs au Conseil représentatif.
L'humour distancié de John Petit-Senn (1792-1870), auteur de ces textes satiriques, qui le rapprochent de son ami Rodolphe Töpffer, forme un concentré d'esprit, qui, du local, toucha à l'universel. Un choix de ces Chroniques avait paru pour la dernière fois en 1851. D'autres n'avaient jamais été reprises depuis leur apparition dans Le Fantasque entre 1832 et 1836. Il s'agit donc d'une véritable redécouverte, d'une totale fraîcheur comme ces dessins longtemps conservés en portefeuille, à l'abri de la lumière.
En lisant Petit-Senn, qui fut apprécié de Chateaubriand, de Victor Hugo comme de Sainte-Beuve, on saisit mieux l'esprit d'une époque décrite avec la précision d'un entomologiste et la fantasque légèreté d'un chasseur de papillons.