09/2008 586 p. 978-2-8251-2330-0
Collection Grandes traductions
Roman traduit de l'américain par Jean Michelet
L'inégalité d'inspiration de l'écrivain finit par inciter la critique à lui reprocher sa conception «éruptive» de l'art. Après une ultime et remarquable période créatrice, Wolfe, en voyage sur la côte pacifique, tombe malade. Il meurt à Baltimor
Roman du déchirement et de la nostalgie, de la solitude et du nombre, de la sensualité et de l’imagination, L’Ange exilé est l’une des sensations de la vie littéraire américaine en 1929. A l’heure de la banqueroute nationale, il annonce la naissance d’un barde du Nouveau Monde. Il raconte la vie secrète du jeune Eugène Gant, en conflit permanent avec une famille tumultueuse, une bourgade étriquée, un univers changeant et problématique. Cette chronique d'apprentissage et d'initiation si apparament autobiographique et parfois si vengeresse fit scandale dans le pays de l'auteur. Mais L'Ange exilé est autre chose qu'un règlement de comptes. C'est une tentavive passionnée de restitution totale d'une réalité perdue: c'est une fantastique galerie de portraits vivants; C'est une exploration exhaustive des profondeurs «ensevelies» d'une conscience. C'est un hymne rhapsodique à la nature et aux saisons. C'est une quête angoissée du sens de l'existence. Roman des sources et roman-source, L'Ange exilé a la sombre densité de l'âme sudiste, la richesse inventive de la grande littérature.
Estimé aux Etats-Unis, en Allemagne, en Scandinavie, dans les pays slaves, Wolfe n'est pas exactement un génie méconnu. Mais son passage a été trop fulgurant, sa symphonie trop inachevée. L'Ange exilé, classique américain, est comme l'entrée triomphale d'un monument original dont les contemporains du romancier ont admiré la grandeur et qui a impressionné la mémoire des plus grands écrivains de son pays et du XXè siècle. William Faulkner ne s'y est pas trompé lorsqu'il déclarait: «J'ai classé mes contemporains et moi-même non selon ce que nous avons accompli, mais selon la splendeur de notre échec, et j'ai classé Thomas Wolfe en tête, non en raison de ce qu'il a accompli, mais parce que c'est lui qui a osé le plus.»
Thomas Clayton Wolfe (1900-1938), né à Asheville, Caroline du Nord, est le septième et dernier enfant d'un tailleur de pierre pennsylvanien. Il trouve très vite dans la lecture un remède à la solitude et au manque d'affection. Remarqué pour ses dons d'expression, Wolfe fait ses études à l'Universite de Caroline du Nord et à Harvard. Il tente vainement de devenir dramaturge et enseigne à l'université de New York. Il découvre l'Europe en 1924-1925, puis l'amour en la personne d'Aline Bernstein, décoratrice de théâtre réputée, sous l'heureuse influence de laquelle le farouche montagnard se détourne d'une scène trop étroite pour son génie et écrit L'Ange exilé. Chez Scribner, il côtoie Fitzgerald et Hemingway. Sinclair Lewis salue son avènement. e en septembre 1938.
Du même auteur aux éditions l'Age d'Homme:
Le Temps et le fleuve
La Toile et le roc
L'Ange banni